Un mangaka, une œuvre, une vie

Voici l’homme du jour.

Voici une petite rubrique que je vous propose en tant que nouveauté. En effet, je vais tenter de vous parler ici d’un mangaka, au travers de ses œuvres. Je ne parlerai bien sûr pas des grands noms comme Oda, le papa de One Piece, car il faudrait analyser une seule œuvre et je n’ai pas envie de cela. Et puis, des avis de ce genre foisonnent déjà sur internet…
Mon seul but est ici de vous parler d’un mangaka qui m’a marqué, m’a fait grandir, en parallèle à l’évolution de son œuvre, voire même, m’a fait entrer véritablement dans le monde du manga.
Je commencerai donc par vous parler d’un « Maître » dans le monde du ecchi et du bon enfant. Au style d’humour un peu léger, avec des culottes qui volent dans tous les sens, mais qui sait développer l’évolution de ses personnages… Bref, auquel je reconnais un savoir-faire, une patte unique.

Nous voici dans le monde de :

Ken Akamatsu

On approche de Noël au moment où je tape ces lignes…

Petite biographie :

Grand passionné de films, Ken Akamatsu tentera, par deux fois, de rentrer dans la prestigieuse université de Tôdaï, dans sa section audiovisuelle. Mais sans résultats concluants, il se redirigera vers l’université de Chuo, pour étudier la littérature, cette fois. Et ce sera une expérience bien plus concluante pour lui, puisqu’il y développera son envie de faire du manga. Il finira même par se faire engager dans la société « Kōdansha » et commencera sa vie amoureuse avec l’idol Kanon Akamatsu.

Au moment où j’écris ces lignes, Ken Akamatsu est âgé de 51 ans.

Bibliographie :

Séries :

  • AI, Non-stop (9 tomes, terminée)
  • Love Hina (14 tomes, terminée)
  • Magister Negima (38 tomes, terminée)
  • UQ Holder (21 tomes, série en cours)

Toutes éditées chez Pika éditions

One shots :

  • Hito Natsu no Kids Game
  • Itsudatte my Santa
Les jeux de plage… Un classique dans tout bon harem !

L’œuvre de Ken Akamatsu – analyse d’ensemble :

J’ai découvert l’univers de Ken Akamatsu en anime, Love Hina étant l’un des premiers mangas que j’ai pu voir (ou que je me souvienne avoir vu, dirons-nous… en dehors du Club Dorothée).

Et quel choc ce fut ! Quel… monde s’ouvrait à moi ! Un jeune homme, de dix ans plus âgé que moi (j’avais alors 8-9 ans), vivait entouré de filles / femmes… Et il « jouait » avec elles, comme si de rien n’était… Évoluant, pour ma part, dans un contexte où jouer avec des filles étaient encore honteux, je n’en côtoyais que très peu, de mon âge ou plus vieilles (les enfants sont cruels entre eux…). Et là, je réalisais enfin que c’était possible…

Premiers émois :

Je vécus tout cela entre-mêlé d’épisodes d’Evangelion et Ranma 1 / 2… Je vous laisse imaginer avec quoi j’ai grandi… Et justement, nous voici désormais à l’aube de mes 16 ans… L’époque de mon premier achat de manga… Love Hina est devant moi… à côté de Naruto. Les deux premiers tomes de chacun se trouvent à portée de main… Puis dans mon caddie, quelques instants après. J’ai du retard. Je le vois bien… Plus de 10 tomes existent déjà pour chacun de ces titres… Mais ce n’est rien. Je lis vite et j’ai quelques économies… qui sont d’ailleurs parties en fumée en moins d’un mois… Me voici au final avec la collection complète des 14 tomes de Love Hina et tout autant de Naruto… Ainsi qu’avec les DVD de Love Hina.

Et je me retrouve pris au piège de Ken Akamatsu. La grande toile d’araignée de petites culottes et de femmes déshabillées m’étreint désormais dans ses bras… Or, je m’y plonge tête la première… Oh, je vous vois venir avec vos sourires et vos moqueries… Mais ce n’est pas ce côté qui m’a attiré. J’étais loin de m’intéresser aux femmes et à leurs charmes.

Quelqu’un pour l’aider avec son éventail ?

Non… C’était le déroulement de ces histoires qui me fascinait. J’avais l’impression d’avoir affaire à une sorte de Gaston Lagaffe (pour les connaisseurs de B.D. franco-belges) à la sauce japonaise. J’ai A-DO-RÉ  ! Je m’identifiais pleinement à ce pauvre Keitarô et m’y retrouvais tout à fait, dans ses gaffes en série. Dans le fait que lorsqu’il parlait – par exemple – les gens ne percevaient rien d’autre que des mots, mais pas des phrases intelligibles. Alors qu’il avait des excuses valables, pourtant !

Première révolution :

Par la suite… ces personnages ont évolué, changé… Pour la première fois, je décelais ce changement et j’en étais pratiquement acteur. (J’ai toujours pris très à cœur mes lectures…) Et on peut dire qu’il sait attirer l’attention, le Akamatsu.

Que cela soit un bout de « pantsu » ou un petit élément de décor, à l’arrière plan, qui vous forcent à revenir sur la case précédente, en vous demandant si vous n’avez pas raté un truc… Voire encore une grimace ou un autre détail du décor qui font passer crème un long monologue versatile et usé jusqu’à la corde… On finit par apprécier tout cela grâce à sa qualité de narration et à ses dessins. Et les anime ne seront pas en reste. Internet aidant, je suis parti à la recherche de la bibliographie de ce Ken Akamatsu et j’ai découvert les séries AI Non-stop et Negima

Autres évolutions :

De nouvelles économies plus tard… et une nouvelle ruine, me voilà avec une longue collection sur les bras. L’aventure est maintenant informatique et magique… Multivers, magie, combats, petites culottes et situations cocasses… Et encore des personnages avec des évolutions travaillées et personnalisées, aussi bien physiques que psychologiques. Enfin un manga où les personnages grandissent et où le temps passe, aussi bien dans l’attente d’un nouveau tome que dans le monde créé par le scénariste.

Personnalisations :

De nos jours, avec internet, on peut avoir accès à quelques confidences des auteurs et surtout à presque à tous les détails de leur vie (plus ou moins réels…). Comme décrit plus haut dans la biographie, Ken Akamatsu a tenté deux fois d’entrer à Tôdaï et il a pris pour modèle de l’un de ses personnages de manga, sa propre femme. On le ressent aisément au travers de ses œuvres.

Les Idols… Un grand pan de la J et de la K-pop.

Dans Love Hina, par exemple, l’échec du personnage devient et reste l’échec de son auteur. Mais comme son auteur, le héros va réussir et enfin entrer à la faculté. Certes, Keitarô va réussir Tôdaï… tandis que Ken Akamatsu, lui, réussira son entrée dans une autre fac et réussira sa carrière dans le manga. En outre, dans Negima, Asuna – la première partenaire du personnage éponyme à l’œuvre – se trouve être un dessin de la propre femme de l’auteur. Une nouvelle transposition de sa vie dans ses œuvres. Il s’agit d’un vrai don de soi, je dirais même. Une fois cette information connue, on se demande si la relation des personnages, à l’intérieur du manga, est au final la même que celle de l’auteur et de sa femme dans la vie réelle… Le doute ne s’installe pas que dans le manga, d’ailleurs, il l’est tout autant du côté de la vie réelle. Tout prend une nouvelle dimension, une fois encore.

Partial moi ? Pas du tout… (Bon… un peu. Difficile de parler d’une œuvre qu’on aime sans l’encenser… C’est prêcher pour sa paroisse, non ?)

Pour quel aboutissement ?

Et UQ Holder, alors ? Qu’est-ce ? Je dirais simplement… un appel à la suite. Au rêve. Est-ce que Ken Akamatsu désire nous faire savoir que « toucher la lune » (je rappelle rapidement que le but du héros, dans UQ Holder, est de prendre un ascenseur spatial et de retrouver son grand-père (Negima) sur la lune, accessible depuis la fin de son « règne ») est une formule ? Ou plutôt signe-t-il là une analogie, qui amène à une réflexion sur l’avenir même de l’auteur ? Avec un parallèle entre la mort du grand-père de Tôta et la sienne, qu’il sent arriver ? Ou bien est-ce un testament / un hommage à sa propre carrière ?

Aïe… Pauvre Keitarô !

Conclusion (très personnelle et… passionnée !) :

Nous partons d’un postulat : un jeune homme qui ne connaît rien, à la fois à la vie et aux sentiments (AI Non-stop), au point de créer des êtres, des chimères informatiques, qui ne sont que fantasmes…

Arrive ensuite un autre personnage, qui mène une vie réelle (Love Hina) avec les ratés et les réussites de son auteur… Allons jusqu’à nous demander si les différentes femmes présentes dans l’œuvre ne sont pas encore des fantasmes ou des personnifications de ses peurs ou des difficultés qu’il a dû surmonter ? On switche après coup sur une œuvre qui va nous montrer une profonde évolution, tant dans les mœurs que dans les sentiments de ses protagonistes (Negima magister), qui vont y grandir, physiquement et mentalement…

Pour enfin, finir avec une histoire toujours en cours (UQ Holder), en forme de demi clin-d’œil sur la fin. La fin d’un tout qui sera réellement effective au moment où le héros prendra enfin l’ascenseur… S’élevant vers la fin, contemplant son œuvre de toute sa hauteur. Dans la popularité… mais dans la mort aussi.

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A propos de Ryu Shijou 18 Articles
Amateur de manga de tout style... Du Hentaï au Shojo pour jeune fille... Je ne me base pas sur un auteur ou un style pour lire... Mais sur le scénario avant tout. Grande base personnelle en tome lu et possédé, je parlerai des oeuvres avec un regard commun. Je ne suis pas un pro de la critique ni de l'analyse... Mais je resterai impartial !

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