Par Hiryuu Le
Manga

Secret est un manga seinen en trois volumes, signé Yoshiki Tonogai. Au Japon, il est édité par Square Enix Co.LTD puis en France par Ki-OOn. L’occasion pour nous de voir cette trilogie sous un autre angle. Showtime !

Synopsis

« J’ai la preuve que trois meurtriers se cachent parmi vous ». Ces paroles accusatrices lancées par un psychologue à six élèves rescapés d’un tragique accident de bus sont immédiatement suivies d’un ultimatum implacable. Les trois coupables ont une semaine pour avouer leurs crimes et se repentir, sans quoi ils seront dénoncés aux autorités…

Encore sous le choc de la catastrophe qui a décimé la majorité de leur classe, les six lycéens se lancent dans une course contre la montre infernale pour prouver leur innocence. Mais à qui faire confiance quand tout le monde cache un secret ?

Faux-semblant, vrai coupable

Je serais tenté de dire : « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ». En effet, les différentes couvertures des tomes de Secret révèlent des personnages masqués qui pourraient induire le lecteur en erreur : or il n’en est rien, puisque les dits personnages (qui se trouvent être les lycéens accusés évoqués plus tôt dans le synopsis) ne portent en aucun cas de masque. Il s’agit là d’une pure métaphore illustrant la culpabilité cachée des protagonistes. Derrière ces regards et sourires d’adolescents aux caractères très différents se cache une profonde souffrance, à l’image de Vast The Stampede (Trigun). Ici, c’est dans le cadre d’une vengeance de la part d’un être meurtri (dont je tairai volontairement le nom) par le décès de sa sœur Ami, morte dans un accident de bus. Dès le premier tome, le véritable monstre est déjà dévoilé. Mais rassurez-vous, il y a bel et bien un autre loup dans la bergerie de ces gamins complètement désappointés. En analysant chaque détail, le lecteur peut s’apercevoir de toute la détresse des protagonistes et de leurs traits fatigués par la pression et l’enjeu de ce jeu très dangereux. Chacun d’entre eux cherche la faille de l’autre en restant sur la défensive,  tels des pions au milieu d’un échiquier bien trop grand où le roi s’amuserait en esquissant un sourire narquois. Au sein du groupe, certains souffrent de troubles du comportement, chose que l’assassin découvre dans le dossier des élèves, lui rendant la tâche encore plus facile pour assouvir ses sombres ambitions. Miwa de Tokyo Therapy peut s’enorgueillir de trouver là des clients à fort potentiel pour son travail.

Une influence que l’auteur a su insuffler dans ses œuvres

Si Yoshiki Tonogai ne vous dit rien, sachez cependant qu’il a entre autre dessiné Doubt et Judge, des manga au scénario bien plus prenant que Secret tant la mise en scène est élaborée. Ce jeune mangaka prouve bien tout son talent en faisant preuve d’un réalisme étonnant. Tout porte à croire qu’il a été influencé par les plus grands maîtres du suspense, tel Alfred Hitchcock ou encore le regretté Satoshi Kon avec le film Perfect Blue, avec pour thème commun à tous ses titres la schizophrénie. Il tient également un blog auquel vous pouvez accéder.

Biographie de l’auteur

Yoshiki Tonogai est né le 14 mars à Shiga au Japon. Il fit ses débuts en tant qu’assistant d’Atsushi Ohkubo (Soul Eater). C’est en 2006 que commence sa carrière solo sur Higurashi no Naku Koro ni – Himatsubishi Hon en deux opus seulement. Il prendra son envol définitivement à partir de 2007 avec Doubt. Fort d’un succès retentissant, récidivera plus tard en 2010 sur Judge et fin 2013 Secret en tant que dessinateur, scénariste.

Mot de la fin

À chaque tome, une couleur. Rouge pour le premier, bleu au deuxième et jaune pour finir et conclure. Très tape-à-l’œil d’un titre qui se veut d’une noirceur éclatante. Munie d’une excellente traduction plus proche que celle de l’originale au niveau de lettrage lisible et accessible. Même si le synopsis est un ton en dessous par rapport aux deux autres, il n’en reste pas moins angoissant, surprenant les lecteurs d’être à la moitié du bouquin en moins de deux ! Les expressions des visages sont figées comme si le temps s’arrêtait. L’aspect mental de « ses enfants » sont toujours aussi profond, tant masculin que féminin confondus, en font un style assez particulier qui lui est propre. Une bonne note de 15/20. Nous espérons tous revoir ce génie prochainement avec cet éditeur au catalogue riche.

Exprimez votre réaction
Like
Love
Haha
Wow
Sad
Angry

BigBoss d'OMW
Partagez l'article :

Articles similaires