Par Ryu Shijou Le
Critiques
Vous le sentez un peu l’article « Coup de gueuele » ?

Intro !

Accrochez-vous… Cet article, sur la spéculation, va heurter la sensibilité et la personnalité de plus d’une personne. Ce sera, quelque peu, un « article coup de gueule », mais je vais tout de même tenter d’en faire un article informatif et de le rendre un minimum intéressant.

Parés à l’aventure ? En selle, compagnons !

La spéculation : Cékoissa ?

Alors… On va commencer par une notion simple. Celle de l’offre et de la demande. (Attention, on est en confinement, mais on va s’instruire un peu). Elle nous permettra de mieux déterminer la spéuclation un peu plus bas…

Le principe de l’offre et de la demande c’est le fait de posséder un objet / une denrée et de le mettre en vente. Vous avez donc créé une offre pour répondre à une demande.

Par contre, si plusieurs personnes vendent le même objet que vous, l’offre est supérieure à la demande, et donc vous devrez baisser votre prix. On a, ici, une notion de différence et un appel à la consommation. Nous restons donc bien sur une offre et une demande.

Il existe encore un cas où la demande sera bien largement supérieure à l’offre. Du coup elle crée un fossé entre la disponibilité et l’envie. Cela entraînera une augmentation du prix de la marchandise tant convoitée, afin de faire un premier tri dans la foule, et ne laisser présents que ceux ayant assez d’argent pour l’acheter.

La spéculation est donc le fait d’acheter une certaine quantité d’un objet pour en contrôler le prix et pouvoir le revendre en faisant un profit, parfois monstrueusement élevé, mais en ne connaissant pas à l’avance le prix que pourra atteindre ledit objet. (Au contraire d’un « délit d’initié » où l’on connaît déjà les prix de vente / achat avant et après les interactions d’échange).

Parlons de prix et de rémunération :

Comment est divisé le prix d’un manga ?

Alors, non pas pour parler d’un souci, parlons plutôt d’un « problème », d’une difficulté autant pour les acheteurs que pour les revendeurs.

Parlons d’abord du prix de vente dans un commerce « légal » (librairie, supermarché, etc.). Ce prix se divise en différentes parts qui seront partagées (non pas en parts égales) entre : la maison d’édition (comprenant éditeur et distributeur pour les grosses maisons d’édition ou sont séparés pour les plus petites), l’imprimeur, l’État, le magasin vendeur et enfin, l’auteur / le mangaka et ses assistants (qui sont, ici, regroupés dans la case « auteur », en commun).

Vous pouvez voir les différentes répartitions, selon le site youStory, de ces parts dans l’image qui suit :

Aussi, ce sont seulement 9,5% (en moyenne) du prix final de votre manga qui sont reversés à l’auteur de la série. Ce qui, pour un manga au prix actuel de 7 € (en moyenne), fait que l’auteur aura donc 0,665 € qui iront effectivement dans sa poche. Et pour espérer avoir un SMIC (1,200 € à l’heure actuelle), il devra donc en vendre 1 807 tomes. Alors, sachant que, par exemple, pour une nouvelle série, les tomes 1 et 2 sont produits au nombre de 2 500 (en moyenne), calculez la somme maximale qu’un auteur peut espérer toucher… (Hors pertes / vols en magasins / vols à la livraison, destructions involontaires lors du transport et du déballage) On peut donc estimer, dans le meilleur des mondes, une somme de 2 500 * 0,665€ = 1 662,5 € pour un seul tome…

Mais… Est-il fixe ce taux ?

Attention : Ce chiffre peut dépendre de la négociation de l’auteur avec les maisons d’éditions, de la réussite de l’œuvre (son taux de vente quoi…) et d’autres choses internes et secrets avec les maisons d’éditions.

Il est aussi nécessaire de savoir que parfois des auteurs négocient leurs œuvres, du moins au début, « au tome » (donc un prix fixe pour un tome) et que les maisons d’éditions sont dans l’obligation de tenir un répertoire des ventes au tome près ! Permettant de suivre l’évolution des contrats passés avec les auteurs et parvenir à une rémunération juste !

Et on ne parle, ici, que d’un montant qui servira à rémunérer l’auteur. Il lui faudra, à son tour, payer ses assistants, son manager, ses fournitures… Et bien d’autres documentations dont il pourrait avoir besoin pour réaliser son œuvre !

Alors, bien sûr, pour des auteurs comme Eichiro Oda (One piece) et Akira Toriyama (Dragon Ball), je pense que certains soucis ne se posent pas (sachant que ceux-ci ont des à-côtés (sommes qui sont reversées après la vente d’un produit estampillé du nom de licence officielle)), tandis qu’il en est pour qui le seul revenu sera celui de la vente de leur œuvre sans produits dérivés.

Dragon Ball et One Piece, deux manga aux centaines de milliers de vente à chaque tome sorti… De quoi laisser rêveur un débutant non ?

Car chaque autre objet d’une licence (séries TV, goodies, figurines, etc.) devra faire l’objet d’un nouveau contrat !

Cela vous laisse encore rêveur ? Poussons plus loin le raisonnement…

L’achat et la revente (parfois compliquée) :

Acheter un manga plein tarif est donc quelque chose à calculer, à prévoir (surtout sur des collections complètes pouvant dépasser les 20 à 30 tomes) et il convient de se poser quelques questions pour s’éviter des soucis futurs, tels que :

  • Vais-je garder cette collection longtemps ?
  • Vais-je l’aimer autant dans 1 mois que maintenant ?
  • Irais-je la revendre ?
  • Vais-je la garder ?
  • Cette série va-t-elle me plaire ?

Il y a bien 2 questions pièges dans cette liste non exhaustive. Mais… posez-vous la question : Pourquoi acheter une collection complète, si vous n’êtes pas sûr de l’apprécier ? Si vous vous dites à un moment « Je pourrais toujours la revendre » vous venez de faire un pas, un seul, dans la spéculation. La frontière est fine n’est-ce pas ?

Une fois cette série qui ne vous plaît pas / plus, deux choix s’offre à vous :

La vendre à un magasin :

Prenons le cas de la vente en magasin : des magasins pour revendre / acheter les mangas… Il y a les librairies d’occasions, les sites internet comme Momox ou Gibert, ou encore la chaîne de magasins « Cashconverters » et compagnie. Cependant… il faut rester honnête : les prix auxquels sont rachetés nos tomes dans ces enseignes sont… totalement dérisoires ! Comptez entre 0,25 et 1€ grand maximum par tome revendu… (Parfois un peu plus si vous demandez un bon d’achat, valable uniquement dans le magasin concerné par le rachat). Alors, déçu de ne pas avoir de quoi acheter votre prochain tome, vous décidez de les vendre sur internet ou en brocante de votre propre chef.

La vendre en main-propre :

Et ainsi commence vos recherches pour trouver le « bon prix de vente d’un tome »… Et croyez-moi… j’écume assez de groupes de vente ou de sites internet avec un forum pour voir cette phrase apparaître un peu moins de mille fois par jour…

Bien souvent, vous n’aurez que des tomes communs… des tomes trouvables encore en commerce ou chez un voisin pas loin à un prix moindre. Mais soudain, un connaisseur qui aura l’œil va attirer votre attention (et celle de l’assistance) sur un tome de la collection… Qui sera, lui, « Collector » (erreur de typographie, une couleur de couverture différente, une date de parution autre que celle de la collection complète, une couverture alternative, etc.) et vaudra, selon le même collectionneur, « Bien plus cher ! ».

Et là commence le dilemme : faut-il revendre ce tome seul ? La série complète ? Au premier prix dans lequel vous aviez foi ? Ou alors au prix conseillé par ce collectionneur ? Vos recherches commencent alors : FaceBook, Le bon coin, eBay même… Et là… votre esprit décolle. Il avait raison. Votre tome « vaut » 45…50… 100 € ! La chaleur et la fièvre vous envahissent ! Mais concrètement, qu’est-ce que cela veut dire, le fait qu’il « vaut » 100 € ? Vous sentez l’appel de la spéculation ou pas ?

Et donc ?

Vous vous rappelez la notion que je vous ai donné au début de cet article ? Elle intervient ici, la spéculation vous appelle de plus en plus !

Vous possédez un objet, vous lui fixez un prix. Si une personne l’achète à ce prix, alors, votre objet vaut ce prix. Mais uniquement cet objet-là ! Qui a été vendu à 100 € ! Tous les autres ne valent peut-être pas ce prix ! Et pourtant… il suffit d’une vente pour lancer une réaction en chaîne, donnant une illusion de normalité. La personne qui l’aura vendu à ce prix, doit, normalement et sauf exceptions, l’avoir acheté le même prix que vous, que le voisin, que les autres gens l’ayant en leur possession.

Vous l’aurez compris, il s’agit de l’entrée, en plain-pied dans la spéculation ! Même si vous n’en aviez pas conscience, vous voilà impliqué. Bon, rien d’illégal là-dedans rassurez-vous !

La balance n’est jamais équilibrée…

La spéculation, la vente, l’engrenage :

Voilà… Vous venez de vendre une œuvre, qui ne vous appartient en aucun cas, dont vous aviez juste pris possession par la première vente qui en fut faite, afin de vous divertir, vous envisagez de faire à présent un bénéfice sur le dos de quelqu’un d’autre.

Car sur cette vente, vous ne reverserez pas 9,5% à l’auteur n’est-ce pas ? Vous pensez acheter, avec cette somme, d’autres titres chez votre libraire habituel et permettre ainsi de lui verser une somme en achetant d’autres titres qui vous plairont, cette fois… Mais que dire des tomes que vous allez acheter à d’autres vendeurs sur les sites de vente ? Qui eux, non plus, n’entraîneront pas de reversement de 9,5% aux auteurs ? C’est l’engrenage, la boucle est bouclée. Bien sûr, on ne pense pas spécialement à mal. Et puis… tout le monde le fait ! Spéculation… Spéculation… Es-tu là ?

Tout le monde ? Vraiment ?

Et ces magasins qui revendent des tomes à 3, voire 4 € l’exemplaire, reversent-ils aussi 9,5% à l’auteur ? Tout le monde sait que non… Cet argent sert à alimenter un va-et-vient entre les œuvres achetées et revendues à leur tour pour engraisser un système, et dont la seule spéculation est celle des œuvres qui vont être vite vendues… Ou devront attendre un certain temps un repreneur…

Mais ce système, est-il si mauvais ? Comment réagir à un magasin qui vend un tome collector « seulement » 5 € contre les 70 € que demanderait un particulier, au contraire ? N’importe qui ferait le même constat… Il l’achèterait… et le revendrait ! Se faisant ainsi une plus-value des plus alléchantes. Alors que faire ? Signaler à ces magasins qu’ils font erreur ? Que leurs prix sont trop inférieurs au cours communément admis ? Comment VRAI-MENT définir le prix d’un objet ?

Une solution ?

Pourquoi ne pas simplement le laisser là ? Le laisser pour un vrai fan ? FaceBook et d’autres réseaux sociaux permettent de le signaler ! Avec juste un petit #MangaPasCher ou un autre hashtag… Voilà qu’un vrai fan pourrait profiter à un prix décent d’une œuvre unique dans sa collection… Et ainsi l’embellir. La faire évoluer… et la compléter, car c’est bien là le but ultime de toutes les collections : être complètes.

Pourquoi ne pas s’auto-décréter « Pickup » et mettre le tome à 1 ou 2 €, à peine, plus cher, pour se prendre une petite commission qui serait méritée pour son geste ? Certains crieront néanmoins au vol ! D’autres diront peut-être « Je veux en donner 5 € de plus, pour vous remercier ! »… L’humanité est ainsi faite… Mais bien entendu… il y aura aussi les profiteurs, achetant à bas prix pour revendre au prix d’un marché de la collection ahurissant…

Mais qui sont ces « vrais » collectionneurs ? Ceux qui étalent leur collection sur les pages Facebook et jouent à « Kikialaplusgross » ? Ceux qui ne disent rien mais attendent une occasion en or pour trouver LA perle rare de la collection ? Ou encore ceux qui postent chaque semaine, inlassablement la même annonce sur les mêmes groupes et tentent d’en trouver de nouveaux éléments pour élargir leur collecte ? Dur de choisir, non ? Il n’existe pas de profil type du « vrai collectionneur ».

Un choix à faire ?

Mais si j’avais un choix à faire… je serais pour ceux qui postent de manière récurrente la même annonce… Naïveté quand tu nous tiens… Mais sans connaître les gens, impossible de déterminer si son parti pris est le bon, pas vrai ? Et puis tant qu’ils payent une somme que nous ne jugeons pas exagérée… où est le problème ? Chacun a sa morale et sa conscience. Il suffit d’être en adéquation avec la nôtre…

Bakuman : Un manga sur le métier de mangaka et sur leurs déboires.
Espoirs, rêves, passions se font plus d’une fois rattrapé par la réalité…

Conclusion :

Cet article est utopiste… Il n’a pas pour finalité d’anéantir un business déjà bien ancré dans les mœurs, ni de changer une mentalité qui est aujourd’hui guidée par le Saint-Argent-coule-à-flot… Mais si, à travers ces quelques lignes chargées d’un peu de mon mépris pour ces spéculateurs et gens qui ne souhaitent que s’enrichir sur un prétexte de collection, je suis parvenu à vous faire partager un peu de mon point de vue… et bien… j’aurais accompli quelque chose !

Lisez, collectionnez, et partagez. Car les livres sont le seul moyen de voyager pour pas cher de nos jours. Alors ne laissons pas, non plus, ce plaisir nous échapper.

« Voyage immobile,

Ton ivresse ne cesse

Qu’une fois la page tournée. »

L5A, Jeu de rôle (JDR) bien connu des communautés… Même un JDR permet de voyager… hors du temps et de la Terre.

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Amateur de manga de tout style... Du Hentaï au Shojo pour jeune fille... Je ne me base pas sur un auteur ou un style pour lire... Mais sur le scénario avant tout. Grande base personnelle en tome lu et possédé, je parlerai des oeuvres avec un regard commun. Je ne suis pas un pro de la critique ni de l'analyse... Mais je resterai impartial !
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