Par Ryu Shijou Le
Manga

Gannibal

Détails généraux :

Oui… Ca date de Juillet… Mais ce n’est rien ! On va faire comme si…

Saluons l’audace pour une oeuvre parlant de cannibale et de folie… ! « Gannibal » est un manga qui se trouve sous le label principal de la maison d’édition « Meian » et non pas dans la collection « Daitan ! »… Prise de risques ? Choix volontaires ? En tout cas…

Déclinaison :

« Gannibal » se décompose en manga uniquement :

  • 3 tomes (6.95 le tome, série en cours).

crédit :

Manga : Meian édition.

Type :

Seinen.

Genre :

Horreur, Thriller, Suspens, Jeu de dupes, Psychologie, Pression, Pression psychologique, Enquêtes, Policier, cannibale.

Auteurs :

Scénario/Dessin : Masaaki NINOMIYA

Des cov’ absolument sublîmes…

Synopsis

Officiel :

Daigo Agawa, policier de son état, a été détaché à Kuge, un village de montagne reculé. Bien que la communauté l’accueille chaleureusement lui et sa famille, la mort d’une vieille villageoise fait jaillir des doutes quant à la normalité de ce lieu…

Personnel :

Fraîchement débarqué dans le village de Kuge, perdu au fin fond de la montagne, Daigo Agawa, policier, ne s’attendait pas à un tel climat… Entre rancunes, secrets, séparation internes dans le village et chantages silencieux… Il va devoir faire attention à lui, mais aussi à sa fille et sa femme… Ce qui ne manquera pas de le mettre dans des situations tendues et où la balance ne sera pas aussi simple à faire pencher… Et il lui faudra faire face à cette mise en garde « Le village est cannibale »…

Une image du Paradis ?

Personnages :

Dans « Gannibal », les personnages auront pour but de « paraître » authentiques… Et bien la mission sera une réussite. On y trouvera une multitude de facettes et de psychologies. Mais… Certains peuvent et pourront surprendre…

Principaux :
  • Kanô : Premier policier du village. L’histoire commence grâce/à cause de lui. Rendu/Devenu fou à cause du village… Des preuves plus qu’évidentes (endettement à cause des jeux, vidéos prouvant sa folie naissante, etc…) tendent à démontrer qu’il s’est acharné sur les villageois mais peut-on considérer qu’il s’agit de la seule option ? Et que faire de sa mise en garde incessante… « Les villageois sont cannibales ! » ?
  • Agawa Daigo : Policier remplaçant. Il était d’abord citadin et à emménagé dans ce village de montagne avec sa femme et sa fille. La famille semble cependant avoir un lourd passif et quelques casseroles aux fesses… Tant mieux pour les cannibales non ? Mais l’homme ne semble pas si fébrile qu’on le penserait… Cible facile ? Ou au contraire… Ennemi solide ?
  • « Les Gôto » : Famille dominante du bourg. On reste sur un bon tas de… Paysan. Tout simplement. Ils se protègent les uns et les autres… Quitte à devoir venger la mort de l’un d’entre eux par les fusils. Mais rien ne prouve que la consanguinité ne frappe pas pour autant. Et la question du renouvellement du sang reste une question que je me pose (au vu de l’univers…). Il n’en reste pas moins que la diversité dans la famille donne une bonne vision de certaines méthodes pouvant être appliquées chez eux…
Secondaires/rivaux :
  • Agawa Yuki : Femme de Daigo. Elle semble être un archétype de la femme au foyer. À moins que ce ne soit qu’à cause du déménagement et qu’elle doit donc trouver un travail dans la village ou les environs. Protectrice, il ne faut cependant pas qu’elle s’énerve…
  • Kanô Sumire : Fille de Kanô. Elle revient dans le village après un long moment à parcourir les connaissances académiques sur le cannibalisme. Elle semble cependant déterminée à démontrer que les Gôto (et d’autres ?) sont bel et bien des cannibales et responsables de la disparition de son père.
Ensuite :
  • Agawa Mashiro : Fille de Yuki et Daigo. La petite semble muette et totalement « éteinte ». On ne saurait deviné si elle consciente ou si elle comprends le monde autour d’elle. On constatera tout de même que son silence est une source d’inquiétude pour ses parents…
  • « Lui » : Souvent cité… Souvent évoqué… Présent dans la mémoire et l’esprit de tout les Gôto… Pourquoi ? Comment ? Quel est cette personne si mystérieuse ? Pourquoi a-t-elle une telle emprise sur le clan entier et parvient d’un mot, d’une phrase, d’un geste à stopper tout mouvement, toute protestation et tout mouvement d’humeur ? Surtout… Qui est-il ?
Ce Paradis si doux… Utopiste…

Évolution de l’histoire :

« Gannibal » a plus d’une balle dans le chargeur. Mais au final, on part d’un synopsis avec plein de mystères… Alors que faire quand on veut les résoudre ?

(Cette critique fait suite à l’avis de notre rédactrice Mangy )

Un contexte :

On est donc dans ce village parce que le policier précédent semble avoir disparu. Est-il mort ? Vivant ? En cavale ou planqué dans une grotte de cette montagne ? Est-il fou à lier ou sain d’esprit ? On ne saurait le dire… Les preuves étant là pour démontrer que c’est totalement l’inverse. Mais elles ne sont pas béton. Quelques vidéos… Des paroles et des écrits dans les comptes-rendus… Difficile de prendre tout cela au sérieux alors que le mot « cannibale » est posé toutes les dix minutes…

Passage de flambeau et acceptation :

Vient donc le moment présent : Daigo et sa famille emménage et il est temps de se faire accepter par la population. Coutumes et mœurs différents sont un lot compris dans le package lorsqu’on emménage dans les profondeurs d’un village reclus sur lui-même. Même les lois nationales ne semblent pas de vigueur ici ! Alors… Que faire ? Il faut soit s’en accommoder… Soit jongler avec la légalité (et si cela implique de picoler avec ceux paraissant les plus dangereux… C’est un bonus !)

Dans le moule :

Et nous voici enfin posé ! Les cartons sont déballés, la famille s’engueule, les oiseaux chantent et les ourses bouffent des mamies ! (Y à de la joie !) Première grosse enquête donc pour Daigo… Et cette première enquête va encore creuser le profond fossé (Entre sa famille et lui ? Entre lui et le village ? Entre lui et la famille Gôto ? Ou tout cela à la fois ?!) car c’est fusil à la main que nous partons découvrir les montagnes et les collines… Ainsi que la personnalité des principaux interlocuteurs de cette famille… Caractères en acier trempé, bravache, effronté… Mais ô combien… Doué ! Le petit frère est capable de dégommer un oiseau en ne laissant que le corps intact sans même prendre le temps de viser… Imaginez un peu…

Et voici mamie vengée… Avec son enterrement prévu dans pas longtemps. Mais avant… Il faut… Manger la viande d’ours crûe ? Pour propager la rage de vivre et honorer la mémoire de mamie ? Euh… Bon. Puisqu’il le faut ! Après tout le proverbe dis bien « À Rome fait comme les romains » mais là, c’est rude.

Et cette procession… Pourquoi être ainsi drapé en mode KKK ? On est loin de l’Amérique, et la signification est propre, mais voilà… Faut pas s’étonner que le village les mette à l’écart et les traite différemment !

L’élément perturbateur :

Et enfin, le déclenchement de tout ce récit : L’arrivée de la fille de Kanô. Persuadée de la mort, persuadée de la faute des Gôto… Quoi de mieux comme vengeance que de prouver que le cercueil est vide devant le nouveau policier dont les soupçons sont déjà forts en argumentant à nouveau le cannibalisme de cette famille… Et l’on observera une première apparition de « Lui ». Personnage énigmatique, car cette désignation n’étant pas assez précise, on ne sait pas qui elle désigne, pourquoi et comment ?! Car enfin… Qui est-il « Lui » ?

Un seul tome de parcouru. L’histoire est semée de mystère… Les questions se bousculent, tout comme les preuves, les soupçons et les accusations… D’où viendront les vérités ? Comment démêler le vrai du faux et ses faux-semblants ?

Épais comme du sang… L’intrigue est prenante.

Quand tout bascule… C’est dans l’horreur !

Avis :

Vous l’aurez compris, « Gannibal » n’est pas pour tout le monde ! Mais, encore à l’instant, j’ignore ce qui est le flippant… Les sous-entendus ou ce qui est dit ?

L’ambiance par le dessin :

Ce manga possède un dessin sombre. Autant beaucoup de mangas jouent avec les noirs et blancs avec des notions subtiles… Autant ici on reste sur des nuances de noirs et de gris ! Rendant l’atmosphère oppressante, lourde et sans poche d’air pour reprendre notre souffle en cours de lecture. On aimerait faire une pause… Mais le seul « blanc » offert, reste un mince filet de lumière qui perce à travers un nuage, une feuille, ou une vitre et malgré cela, on retient notre respiration pour repartir dans les pages, découvrir encore plus et encore ! Et ce souffle manquant nous rappelle la plongée de Daigo dans cet univers, avec de rares moments de joies et de bien-être… Pour replonger en eau trouble… Plus épaisse que le sang versé.

Récit et histoire :

« Gannibal » a une force que je n’avais plus vu depuis longtemps… « Le non-dit ». Il ne suffit pas de juste créer un récit et de donner les éléments. Il faut savoir les placer, les vendre dans le récit et ne pas forcer (même si le côté « cannibalisme » est ici sur-vendu) pour tenter de nous adjoindre la vie de tous les jours à un récit fantasmé. Et pourtant, c’est bien le cas ici ! Savamment dosés, les éléments sont distillés dans le récit petit à petit pour nous faire prendre conscience de l’enjeu et de la dangerosité de l’histoire car même en partant du début, on comprends que l’histoire commence avant tout cela, et continuera après malgré une fin qui n’est absolument pas en vue !

« Gannibal » a aussi une force véritable : La narration : Ni trop, ni trop peu ! La juste dose d’informations et d’éléments, le tout se mélangeant à un dessin au top qui vous fera plonger dans l’histoire tête en avant ! On a donc un parfait match entre les deux traits principaux d’un manga.

Mais et les personnages me direz-vous ? Et bien… On a bien le respect de chaque individu. Pas de copier/coller entre différents personnages qui pourraient être trop similaire. Non ! Chacun est bien démarqué, même ceux faisant partie de la même famille rajoutant au récit la touche qui le rendra plus réel.

Pas de point négatif ?

Difficile de rester impartial… Pourtant je le dois. Et, oui, on pourrait donner quelques points noirs à « Gannibal » : Un certain malaise pourrait régner dans l’œuvre et dans les sentiments du lecteur. Je vous parlerais pour exemple de la fille de Daigo : (Et non ! Y a aucun spoil ! )

Celle-ci est muette, depuis un traumatisme, chose que l’on devine assez rapidement, mais rien ne nous est dit avant la fin du tome 2. Pas un indice, pas une once de vérité sur ça. Et le malaise se creuse devant la scène (que je qualifierai d’iconique !) quand la petite quittera le domicile (en pleine nuit !) seule, sans que sa mère ne le remarque… Et ne bouge pas un orteil pour la retrouver ! Ne faisant que s’allonger dans l’entrée en attendant son retour.

Mais ce n’est pas tout… Alors que cette petite se balade (en pleine nuit noire, comme dans un four !) la voilà qui croise un homme, poussant une brouette… Chargée de ce qui semble être un corps humain. Est-il mort ? Vivant ? Pas un seul indice… L’apparence de l’homme est aussi effrayante que la scène en elle-même ! L’homme en question, famélique, presque plus de dents ne semble toutefois pas souffrir du poids de la brouette et de l’homme (ou des morceaux ?) dedans.

Pas assez horrifique ? Imaginez cet homme alors avec un doigt (hors des siens) dans la bouche… Et le recrachant… Pour que la petite fille le ramasse… Cela vous va niveau horreur ? S’en servait-il comme chewing-gum ? Marque-page ? Comme une brindille de blé à la « Lucky Luck » ? Pas un mot, cette scène est dans un mutisme complet et total ! Et la scène principale, les deux personnages qui se regardent dans le blanc des yeux… En double-page ! À la fois magnifique et horrible… Voir macabre…

Anxiogène ?

« Gannibal » serait donc si malsain ? La perception changerait d’une personne à l’autre je pense… Mais les plus sensibles ne devraient absolument pas tenir cette œuvre en main.

Car on a de vraies montées et descentes de l’adrénaline de lecture… (dur de qualifier ce sentiment…). À la suite de tout cela, on apprendra que la mère à finalement décidé, une fois passée la surprise d’un mot gravé dans le bâti de porte, de partir à la recherche de sa fille. Alors que Daigo rentre, s’engueule une énième fois avec sa femme, et court à la couche de sa fille… Et que celle-ci lui donne, comme on donnerai un bonbon, le doigt qu’elle a ramassé. De vraies montagnes-russes ! Il vaut donc mieux avoir le souffle pour suivre cela…

Et donc ?

Le second point négatif que je donnerai, sera la dimension « enquête de police » de cette œuvre. L’immersion est totale ( peut-être trop au goût de certains ?) au point qu’il nous faudra faire attention à tout un tas de détails, ce dont le manga en lui-même fourmille ! Alors comment tout trier ? Suivre l’œuvre. Lire la suite. Un appel à acheter le prochain tome… Encore et encore… Preuve que la recette est bonne s’il en faut. Car si vous n’accrochez pas aux deux premiers tomes… La suite ne vous plaira pas.

Il n’en reste que cette œuvre est magnifique. Rien que pour les dessins. Alors pour moi ce sera le grand « Oui ! »

Une vision de l’enfer n’est-ce pas ?

Mot de la fin :

Votre cuisson ? Bien cuit… Ou saignant ?

Besoin de plus de légèreté après cette lecture ? Profitez du moment détente avec notre première article Hentaï sur « My sexy Teacher » !

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Amateur de manga de tout style... Du Hentaï au Shojo pour jeune fille... Je ne me base pas sur un auteur ou un style pour lire... Mais sur le scénario avant tout. Grande base personnelle en tome lu et possédé, je parlerai des oeuvres avec un regard commun. Je ne suis pas un pro de la critique ni de l'analyse... Mais je resterai impartial !
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