La renaissance du Light Novels en France

Quand une maison d’éditions décide de s’investir dans un marché de niche comme celui des light novels, cela peut devenir à double tranchant. La jeune maison d’éditions Ofelbe Editions tente, depuis deux ans, d’intégrer ce genre littéraire sur le marché. Au bout de ces deux ans, Ofelbe et leurs light novels ont-ils réussi à relever le challenge ultime de me séduire ?

© 2007 – 2017 – Actualitte.com

Définition de Light novel

C’est un type de roman japonais destiné à un public de jeunes adultes. C’est un genre intermédiaire entre la « grande littérature » et la littérature populaire.

Avis

Mon analyse se concentrera uniquement sur les lights novels d’Ofelbe Editions sortis actuellement.

Points positifs

  • Très belle édition malgré quelques fautes de frappes, parfois, à l’impression ;
  • Lecture accessible à tout le monde ;
  • Prix plus qu’honorable en fonction du format ;
  • Deux de leurs titres ont été sélectionnés lors de Grands Prix : Sword Art Online au Prix Chimère 2016 et Log Horizon en lice pour le Grand Prix de l’Imaginaire 2016  dans la catégorie « roman jeunesse étranger »;
  • Un éditeur à l’écoute de ses acheteurs. La preuve nous est arrivée par l’annonce en juillet 2017 de leur nouvelle licence MY TEEN ROMANTIC COMEDY rassurant beaucoup leurs lecteur.trice.s craignant le manque de variétés dans les titres de série (axés sur l’heroic fantasy/ fanservice/ harem/ monde alternatif issu d’animes à succès.)
© PONKAN8 – WATARI Wataru / Shogakukan – Ofelbe Editions

Points négatifs

  • Manque totale de mobilisation des fanbases sur l’arrivée des light novels et notamment sur certains titres. Cependant, l’éditeur peut compter sur une mobilisation grâce aux bouches à oreilles, pour toucher un plus large public profane (proches, amis, libraires, etc.) La preuve est que j’ai initié une personne de mon entourage aux light novels avec Spice and Wolf puis récemment avec Sword Art Online, voire Durarara et The Irregular at The Magic School plus tard.
  • La communication autour de certains titres « vendeurs » comme Sword Art Online, Log Horizon, Re : Zero (prochainement) et Danmachi reposent essentiellement sur les notoriétés de leurs adaptations. Cela a pour résultat de restreindre les cibles potentiels, comme le lectorat ignorant. Cette initiative est centralisée uniquement autour de la communauté « otaku ». Est-ce que miser sur ce genre de promotion incitera les jeunes à se remettre à lire des « romans » ? Ce procédé a plus de limites que d’avantages car rien ne prouve que l’anime donnera l’envie de lire le support original.
  • De plus, l’éditeur semble plutôt privilégier, pour un instant j’espère, l’ « otakusphère française » via les conventions ou autres, « excluant » en quelque sorte le lectorat profane dont le grand public sauf à de rares manifestations comme le Festival de la BD d’Angoulême et le Salon du Livre. Une des solutions pour palier cela serait que, par exemple, l’éditeur organise des expositions itinérantes sur les light novels chez les libraires parisiens et provinciaux où ils sont référencés dans le but de parler avec eux et de rencontrer leur public pour, en quelque sorte, « venir se vendre ». Tout comme l’a fait Kurokawa, où ce dernier est venu faire son exposition sur un de leurs mangakas vedettes avec la présence du directeur de collection.

Verdict

Il a fallu cinq longues années de patience ( et le naufrage d’Hachette avec sa tentative d’introduction des light novels en France via La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya.) Le miracle a eu lieu grâce à l’investissement de passionnés.
C’est ainsi que Ofelbe Editions a vu le jour ; tentant depuis, de faire une place à ce genre littéraire dans notre culture sans commettre les erreurs du passé. Pour moi, le challenge est relevé car cette maison d’édition m’a redonné envie d’ouvrir un roman depuis la fin de mes études, il y a de cela dix ans.

Le but de cette chronique n’était pas de remettre en cause l’initiative de cette maison d’édition, mais de vous donner une vision venant de quelqu’un de neutre en se mettant un peu à la place du grand public ; ce que beaucoup ne font pas. Ce même public est montré du doigt par certains, comme étant les responsables de la fragilité de ce marché. Ces mêmes personnes osent aussi désigner les libraires « coupables ». Je soutiens l’arrivée des lights novels en France mais pas à n’importe quel prix.

Demandez à votre libraire si Ofelbe est un éditeur référencé parmi leurs fournisseurs, si oui, c’est que l’éditeur a gagné une bataille mais pas encore la guerre. Moi-même, j’ai fait la démarche et la réponse était positif. De plus, les ventes augmentent chez mon libraire. Prêtez vos tomes à vos connaissances qui sont des lecteurs plus ou moins occasionnels. Vous contribuez un peu à son essor. Achetez vos tomes chez vos libraires et non dans des grandes enseignes, vous permettrez à des passionnés de littérature de survivre. Si vous ne trouvez pas de light novels chez votre libraire, c’est normal car pour les avoir, il faut qu’ils répondent à l’éternel jeu de « l’offre et de la demande ». J’ai effectué cette démarche auprès du mien, maintenant, il peut en avoir. Les libraires sont en voie de disparition car ces derniers sont écrasés par les sites comme Amazon et autres Fnac et les grandes enseignes.

Personnellement, je trouve la situation actuelle assez burlesque et ironique : contrairement aux animes/mangas/films d’animation, les light novels ont une chance même infime de s’imposer en France et de percer ce « rideau de fer » vieux de 20 ans séparant la communauté française de japanime/manga et le public lambda. Là, on se retrouve dans la situation inverse où ce sont les « otakus » qui joue le rôle des « inquisiteurs ».

Les deux principaux arguments de ces gens-là sont la classique « remarque sur les mangas, animes et autres films d’animation » et la cible principale de ce genre littéraire : un public de jeunes adultes et adolescents. Pour le premier argument, les clivages auront toujours la peau dure si la mentalité des deux parties n’évoluent pas et ne font pas les premiers pas. Concernant le second, on voit clairement un manque d’ouverture d’esprit car en gros, « j’ai 32 ans, je suis trop vieux pour les lire ».

Pour moi, il ne faut pas se fier à la couverture d’un livre. Light Novel ou non, pour moi, c’est un objet constitué de papier avec des lignes et des illustrations. Une personne, peu importe l’âge, peut le lire. Avancer l’argument d’une cible principale, c’est assez réducteur et néfaste pour l’avenir de ce genre littéraire. Une personne ayant un certain âge peut aussi aimer ces Romans jeunesse.

Le deuxième but de cette chronique était d’introduire une quatrième flèche à mon carquois en compagnie des animes, mangas et films d’animation. Je l’ai déjà évoqué dans une chronique sur le light novel made in France, Blind Spot. Je compte parler de la plupart des titres de cet éditeur. Je n’abandonnerai aucun d’entre eux aussi moyens soit-il. Le light novel est la première étape vers un consensus entre les deux parties et pour redonner à notre jeunesse l’envie de lire des romans.

Voici mon classement actuel de mes lights novels préférés :

1er – Durarara

© YASUDA Suzuhito –
Ryôgô NARITA / ASCII Media Works – Ofelbe Edition

Mikado Ryūgamine est un jeune adolescent qui rêve de la vie excitante des grandes villes. Lorsque son ami d’enfance Kida Masaomi l’invite, il est transféré dans un lycée de Ikebukuro. Masaomi le met en garde et lui dit de se méfier de certaines personnes, qu’il devrait éviter de côtoyer : un homme violent habillé comme un barman, un informateur et un gang mystérieux appelé « Dollars » et un motard sans « tête ». Pour couronner le tout, Mikado est témoin d’une légende urbaine dès son premier jour dans la ville : le Motard Sans-tête pilotant une moto noire.

Avis 

Tout comme pour Danmachi, je suis un peu en retard côté lecture. À l’heure où cette chronique paraîtra, je serai en train de lire le second tome. Je m’en excuse d’avance.

Même sans avoir lu ce dernier, je peux vous confirmer que ce titre mérite largement d’être en tête de liste de mon top. Ayant vu les deux saisons de l’anime, l’arrivée inattendue du light novel fut Noël avant l’heure. L’univers de Durarara est unique. Le récit n’est pas linéaire comme dans la plupart des light novels. Ici, on ne suit pas un personnage mais plusieurs à travers leurs vies de tous les jours donc par plusieurs points de vue différents. Finalement, ces divers quotidiens finissent toujours par se croiser et interagir entre eux. Tout cela pimenté par une galerie de personnages hauts en couleur. La seule ombre au tableau est le manque de mise en avant involontaire ou non de l’éditeur et de la fanbase de ce titre fabuleux.

Public visé : Grand public.

Lien VOD/SVOD : Wakanim 

2ème – The Irregular at The Magic School

© Tsutomu Satō – Kana Ishida / ASCII Media Works – Ofelbe Edition

En 2095, trente ans après l’intervention des magiciens qui mirent fin à la Troisième Guerre mondiale, la magie, autrefois fruit des mythes et légendes, est devenue une technologie courante tout comme les pouvoirs qu’elle procure.
Tatsuya Shiba et sa jeune soeur Miyuki ont tous deux rejoint la plus prestigieuse de toutes les écoles de magie, mais si l’un est relégué au rang des élèves les moins doués, l’autre est considérée comme un véritable prodige.
Alors qu’ils ne rêvent que d’une scolarité sans histoire, les conspirations et les menaces pesant sur l’académie les forceront à agir !

Avis 

Ayant adoré l’anime à l’époque, je m’impatientais à l’idée de pouvoir lire le light novel. Mon attente fut amplement méritée : on y retrouve tout ce qui faisait l’ambiance de son adaptation. Même si, un seul tome est disponible, je guette le moindre signe de précommande chez mon libraire. Cette licence n’est pas aisément abordable car l’auteur détaille point par point l’univers de son oeuvre notamment au niveau de la magie. Ceci est à la fois fort utile pour la compréhension mais cela pourrait décourager certains lecteurs de continuer la lecture de l’oeuvre. J’ai hâte de lire les arcs de la Compétition des Neuf Lycées et les Troubles à Yokohama.

Public visé : Grand public.

Lien VOD/SVOD : Wakanim 

3ème – Spice and Wolf

© AYAKURA Jyuu /Isuna HASEKURA/ ASCII – Media Works – Ofelbe édition

Lawrence Kraft est un marchand itinérant qui écume les routes en quête de fortune. Son rêve le plus cher est de pouvoir ouvrir une boutique au sein même d’une ville et d’y couler des jours paisibles. Une nuit, alors qu’il se trouve dans le village de Pasroe, il a la surprise de découvrir dans sa charrette, une jeune femme pourvue d’une queue et d’oreilles de loup. Holo est en réalité la déesse de la moisson du village pour lequel elle assure une abondante récolte annuelle de blé. Délaissée peu à peu par les paysans, et finalement reléguée au rang de légende, elle décide de quitter Pasroe et de rejoindre Yoitsu, sa terre natale. Incapable de voyager seule, elle sollicite l’aide de Lawrence. Commence alors un voyage semé d’embûches au cours duquel le commerce et les sentiments s’entrecroiseront.

Avis 

Faisant partie des deux titres de lancement et fers de lance de l’éditeur à son arrivée sur le marché, Spice and Wolf s’est nettement imposé comme un des titre-phares et blockbusters sur lequel le tout jeune éditeur se repose pour toucher un plus large public.
C’est, sans grande surprise que, cette licence finisse sur le podium. On dévore les tomes en redemandant encore plus. L’attente entre chaque tome est un supplice tellement on veut connaître la suite des péripéties de nos compères. Si vous connaissez une personne aimant lire et vous souhaitez lui faire découvrir les light novels, je vous conseille de lui faire lire ce titre.

Public visé : Grand public.

Lien DVD/BR : Black Box

4ème ex-aequo – Sword Art Online

© Reki Kawahara – ABEC / ASCII Media Works – Ofelbe Edition

En 2022, Sword Art Online est le premier jeu en ligne à proposer une immersion complète grâce à un casque de réalité virtuelle ; le Nerve Gear. À sa sortie, Kirito, un jeune joueur chevronné, est bien décidé à conquérir la forteresse Aincrad dans ce jeu révolutionnaire. Si la situation peut paraître idyllique au départ, les milliers de joueurs s’aperçoivent rapidement qu’ils ne peuvent plus se déconnecter. Akihiko Kayaba, le développeur, les prévient qu’un « Game Over » entraînera une mort réelle, et que le seul moyen de sortir de ce piège est de conquérir un par un les cent étages de la forteresse. Kirito va mettre alors tout en œuvre pour venir à bout de ce jeu mortel aux côtés d’Asuna, une autre joueuse hors pair.

Avis 

Faisant partie des deux titres de lancement et fers de lance de l’éditeur à son arrivée sur le marché, Sword Art Online s’est nettement imposé comme un des titres phares et blockbusters sur lequel le tout jeune éditeur se repose pour toucher le jeune public. Souvent qualifié de licence surcôtée, ce titre est attendu au tournant par de nombreuses personnes dont votre serviteur.
C’est sans surprise que les trois tomes, parus à ce jour, suivent les trames de leurs adaptations à certaines nuances près. La lecture du support originale m’a, en quelque sorte, « réconcilié » avec la licence mais faisant de l’ombre à d’autres licences de l’éditeur. J’espère que cette dernière ne finira pas un Game Over victime de son immense succès. Cependant, c’est avec impatience, j’ai hâte de lire l’arc inédit qui paraîtra vers la fin de février 2017.

© Reki Kawahara – ABEC / ASCII Media Works – Ofelbe Edition

Publics visés : Principalement adolescents et adulescents mais accessible aux profanes de la licence.

Lien DVD/BR : Ici

Lien VOD/SVOD : Wakanim 

4ème ex-aequo – Log Horizon

© Kazuhiro HARA – Mamare TOUNO / Enterbrain – Ofelbe Edition

Elder Tale est le plus vieux et le plus populaire MMORPG. Lors de la sortie de la douzième extension, des milliers de joueurs se retrouvent piégés à l’intérieur du jeu, sans raison évidente. Un vent de panique et de doute souffle alors sur les « Aventuriers » qui tentent de s’échapper par tous les moyens. Le désespoir s’insinue peu à peu dans leur esprit, rendant la situation à peine supportable. Toutefois, certains d’entre eux essaient de s’adapter à cette nouvelle vie pour le moins étrange. C’est le cas de Shiroe, un vétéran d’Elder Tale, qui décide de prendre les choses en main, et de créer une société dans laquelle ils pourront mener une vie paisible. Cependant, plus nos héros tentent de comprendre le mystère qui règne autour de ce jeu, plus il s’épaissit.

Avis 

Dur pour ce titre de se faire une place quand le bulldozer SAO est passé par là. Même si ces deux titres traitent des mondes virtuels, leurs approches en sont totalement opposées. Si Sword Art Online teinte vers la romance entre adolescents avec une pointe d’harem. Les jeunes lecteurs peuvent s’identifier facilement aux personnages compte tenu de leur âge.  Log Horizon en est quelque sort l’inverse.
Avec ce titre, on peut s’identifier à n’importe quel personnage car tous les âges y sont représentés. De plus, Log Horizon s’adresse à un plus large public que son aîné. Ce light novel plaira aussi bien aux fans de MMORPG qu’aux profanes. On s’immerge facilement dans le monde d’Elder Tale grâce à des personnages charismatiques comme Shiroe cherchant un moyen de rentrer chez eux. Je le conseille fortement pour faire découvrir le monde des MMORPG.

Public visé : Grand public.

Lien DVD/BR : Saison 01 et Saison 02

Lien VOD/SVOD : Saison 01 et Saison 02

5- Danmachi

© YASUDA Suzuhito – Fujino OMORI / SB Creative – Ofelbe Editions

La ville d’Orario est connue pour abriter en son sein un gigantesque donjon labyrinthique infesté de monstres. Donjon que les aventuriers de tout poil parcourent fréquemment en quête de richesses et de gloire, le tout sous l’œil protecteur de leurs dieux et déesses respectifs qui ont décidé de vivre parmi les mortels. Bell Cranel est l’un d’eux. Âgé de 14 ans et venu de la campagne, il décide de se lancer à corps perdu dans cette épopée dans le but inavoué de se faire un nom parmi les héros autant qu’auprès de la gent féminine. Il est aidé en cela par Hestia, une déesse impopulaire qui l’a pris sous son aile. Cependant, les deux associés peinent à se faire un nom et sont, pour l’heure, obligés de vivre dans des conditions misérables.
Dans le Donjon, Bell se retrouve un jour face à un puissant Minotaure et ne doit sa survie qu’à l’intervention d’Aiz Wallenstein, une épéiste aguerrie dont il tombe immédiatement sous le charme. Déterminé à rétablir son honneur et à conquérir son cœur, il va replonger dans les entrailles de ce dédale afin de prouver sa vraie valeur.

Avis 

L’annonce de l’acquisition de cette licence a fait effet d’un énorme buzz dans la communauté japanime/manga : normal, certains me diront vu que l’anime est sorti chez nous en support physique l’année dernière et aussi dû à la célébrité d’un des personnages avec des couettes et une « forte poitrine ». Enfin bref, ayant été heureusement épargné par le « hype » de cette dernière, c’est avec curiosité que je découvre la licence.
Ce jugement se base uniquement sur les deux premiers tomes. Pour l’instant, mon avis est assez mitigé car le récit donne l’impression de déjà-vu et conventionnel. Mais, espérons que les prochains tomes changeront la donne et ainsi mon avis. Affaire à suivre.

Publics visés : Principalement adolescents et adulescents mais accessible aux profanes de la licence.

Lien DVD/BR : Black Box

Liens Utiles :

Facebook d’Ofelbe : Ici

Site : Ici

Article : Ici

 

Bonne lecture !

[Source : Ici]

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