Les thés au Japon

Les thés au Japon n’ont pas toujours eu cette place importante au sein du quotidien de la population. Le thé n’a pas toujours été présent et ne provenait pas de l’île elle-même.

En effet, le thé est originaire du sud de la Chine et fut consommé comme boisson durant la dynastie des Tang (618-907). Il a été ramené au Japon par des moines qui étaient partis étudier en Chine. Avant cette période, le thé n’était pas cultivé.

Durant la période Nara (710-794), le thé – qui poussait désormais au Japon – était consommé comme médicament par les nobles et les prêtres.

Au XIIe siècle, Myon Eisai (le fondateur du bouddhisme zen,) pensait que boire du thé était bon pour la santé. Selon lui, cela pouvait guérir : la perte d’appétit, la paralysie et les maladies liées à la consommation d’eau impropre. Il a écrit le premier livre japonais à propos du thé intitulé « Guérir en buvant du thé » (喫茶養生記 Kissa Yôjôki). Il faudra attendre quelques années pour que le thé soit consommé comme une simple boisson par toute la population.

Au XVIe siècle, le maître Sen no Rikyū était le spécialiste de la cérémonie du thé. Pour lui, chaque rencontre était unique et importante parce qu’on ne savait jamais si elle se reproduirait (ichi-go ichi-e 一期一会). Il avait une façon de réaliser la cérémonie du thé qui s’inspire du style Wabi (simple et sain), ses ustensiles sont simples et s’adaptent selon son invité. Il participa activement au développement du chadō sous divers aspects tels que l’architecture, la forme des jardins, l’art, la poterie raku,… Les principes qu’il a transmis sont l’harmonie, le respect, la pureté et la tranquillité. Ces valeurs sont présentes encore de nos jours, et enseignées dans les écoles spécialistes de ce type de cérémonie.

La cérémonie du thé

Cette cérémonie codifiée, appelée également chanoyu (茶の湯), sadō ou chadō (茶道), est considérée comme un art traditionnel japonais qui s’est inspiré du bouddhisme zen. Le thé vert en poudre (matcha 抹茶) est préparé d’une certaine façon par un spécialiste du chanoyu dans un cadre calme et agréable (généralement dans une maison de thé, chashitsu). Le thé va être, par la suite, servi à un petit groupe d’invités.

Ces trois termes font référence à la cérémonie du thé, néanmoins méfiez-vous : leur signification peuvent varier ; chanoyu signifie « eau chaude pour le thé » et renvoie à l’aspect « art traditionnel ». Alors que sadō ou chadō se traduit par « chemin du thé » et concerne l’étude de la cérémonie du thé en tant que voie spirituelle.

 

thé sencha

 

On se dit : « ça va, c’est simple j’ai juste besoin d’acheter ce qu’il me faut et inviter quelques amis dans un endroit calme… » Eh bien, désolé mais non : c’est plus que ça. L’expert du chanoyu doit bien connaître les différents types de thés et leur production, en plus de la calligraphie, les kimonos, les céramiques, l’encens, les arrangements floraux (ikebana), etc. Ainsi, un nombre important de disciplines et d’arts traditionnels lui sont enseignés dans son école.

C’est pour cette raison que l’apprentissage de la cérémonie du thé prend de nombreuses années pour être maîtrisée. Il faut prendre en compte de nombreux paramètres tels que la saison, la météo, l’heure de la journée, les goûts de l’invité, entre autres.

Lorsque nous sommes l’invité, quelques règles doivent être respectées. Lorsqu’on assiste à une démonstration de cérémonie de thé, en France, lors d’événements particuliers tels que la Japan Expo, la fête de l’automne à Marseille, etc. On va nous expliquer les gestes qu’il faut faire, les phrases à dire et la bonne manière de boire le thé. C’est-à-dire dans quel sens doit-on tourner le bol, manger la sucrerie, le fait d’essuyer l’endroit où les lèvres ont touché le bol, etc.

 

thé

 

Cet art de préparer et de servir le thé a nécessité de nombreuses années pour atteindre ce degré de perfection. Évidemment, les différentes écoles et les maîtres qui ont succédé à travers le temps ont contribué à l’améliorer. Le thé a pris une place tellement importante dans le quotidien des japonais qu’on n’envisage pas une époque dans laquelle il n’était pas cultivé.

Assister à une cérémonie de thé est une expérience à vivre très enrichissante, que ce soit visuellement, mentalement ou gustativement. Certaines personnes trouvent que ce thé est amère mais en mangeant la pâtisserie qui l’accompagne, il est adouci.

Les thés

De nos jours, le thé le plus bu est le thé vert ou le matcha en poudre. Mais on peut tout à fait boire du thé Oolong ou du thé noir, tout dépend de nos envies. Voici une liste de quelques thés que l’on peut acheter et boire au Japon.

Sencha (煎茶)

C’est le thé que l’on trouve partout au Japon. Il peut se boire chaud comme froid durant l’été. Il est préférable de commencer par celui-ci, si on n’aime pas trop le thé.

thé sencha

 

Mugicha (麦茶)

Ce thé est très désaltérant, je le recommande pour ceux qui décide de visiter le Japon durant la période juillet-août. Le goût peut surprendre : c’est assez fort, ça sent la caféine mais n’en contient pas. Je vous conseille de commencer en prenant le moins infusé : cela se remarque à sa couleur plus claire.

C’est un thé d’orge torréfié qui est très consommé en été au Japon. C’est mon petit préféré, lorsqu’on s’habitue au goût, on ne peut plus s’en passer ! (^w^)

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Hōjicha (焙じ茶)

C’est un thé vert torréfié qui est issu de la dernière récolte de thé, en octobre. Il a une faible teneur en caféine et un goût boisé.

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Tōkibicha (とうきび茶)

C’est un thé doux au maïs à déguster chaud ou froid, que l’on trouve facilement dans diverses supérettes à Hokkaidō

Thé

 

En espérant que cet article vous ait donné envie de boire du thé…! (^x^)/ Quel thé préférez-vous ? 🙂

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