Les critiques de SandRock : Le Chevalier D’Éon

Lorsque l’animé le Chevalier D’Éon est arrivé en France, nombreux sont ceux qui ont vu un peu hâtivement ce dernier comme un Lady Oscar bis. Même si les deux œuvres se situent dans la France du 18ème siècle et ont pour héros un personnage travesti, la comparaison s’arrête là.

Contrairement au personnage d’Oscar François de Jarjayes alias Lady Oscar,  Charles d’Éon de Beaumont, alias le Chevalier d’Eon, lui, naquit le 5 octobre 1728 à Hôtel d’Uzès de Tonnerre dans l’Yonne puis mourut le 21 mai 1810 à Londres. Il était un diplomate, un espion, un officier et un homme de lettres français sous le règne de Louis XV.

Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze

Paris en 1752. Le corps sans vie d’une jeune femme, Lia, a été retrouvé dans un cercueil flottant sur la Seine. Sur le couvercle se trouve une mystérieuse inscription : le mot « Psaumes » écrit en lettres de sang. D’Éon de Beaumont, le frère de la victime, décide d’enquêter sur ce meurtre qui coïncide d’ailleurs avec la disparition d’autres femmes. Très vite, il découvre que tout cela est lié à un complot impliquant des personnes de haut rang, proche de la royauté. C’est Bernice, son meilleur ami, qui a découvert cette information et l’a payée de sa vie. Transformé en zombie par un alchimiste, Bernice tente de tuer D’Éon qui, en se blessant, fait couler du sang sur le crucifix de métal fixé à son épée. Sur la lame de cette arme apparait alors une phrase écrite en latin: « Sit nomen Domini benedictum » (« Béni soit le nom de Dieu »). C’est alors que l’âme de Lia prend possession de son frère et se débarrasse de son assaillant. A partir de ce moment, D’Éon et Lia ne feront plus qu’un…
Aidé de trois compagnons, Teillagory (son maître d’armes), Robin (le page de la reine) et Durant (un spadassin du roi), D’Éon va continuer son enquête et découvrir l’existence du « Psaume du Roi », un livre révélant la destinée des monarques et que veulent s’approprier certaines personnes souhaitant l’avènement d’une révolution…

Trailer

Staff

  • Studio d’animation : Production I.G.
  • Réalisateur : Kazuhiro Furuhashi
  • Scénaristes : Tow Ubukata, Yasuyuki Mutô, Takeshi Matsuzawa, Shôtarô Suga, Hiroaki Jinno
  • Character designer : Tomomi Ozaki
  • Musiques : Michiru Ôshima
  • Nombre d’épisodes :  24
  • Durée d’un épisode : 25 min
  • Année de production : 2006 – 2007
  • Licencié en France : Kaze

Opening

Ending

Avis

Scénario

Je vous le dis tout de suite, ne vous attendez pas à un animé historique fidèle à 100 %. Même si l’histoire de France a été racontée avec certaines libertés dans Lady Oscar, dans Le Chevalier D’Éon, elle n’est pas du tout réaliste. La preuve en est le générique de début où l’on voit un drapeau tricolore. Ce dernier a été créé en 1794…

Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze

D’Éon de Beaumont, qui était dans la réalité un espion de Louis XV resté célèbre en raison de son goût pour le travestissement, est fidèle au personnage historique sur ce point mais, dans cette adaptation, ce dernier se retrouve aussi possédé par l’esprit de sa défunte sœur, Lia. Le nom de cette dernière fait référence d’ailleurs au pseudonyme adopté par le véritable Chevalier d‘Éon lorsque celui se travestissait en femme.

Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze
Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze

De la même manière, les autres personnages n’ont que peu de rapport avec leurs modèles historiques. Ceux-ci ont bien changé puisqu’ils sont quasiment tous adeptes de magie noire et de l’alchimie, et que certains sont mêlés de près à la Révolution française.

Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze
Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze
Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze

Il faut toutefois rendre à César ce qui appartient à César : Si on met de côté tous les éléments narratifs fictifs comme les compagnons du chevalier, le scénario est très bien ficelé et intrigant car riche en  rebondissements.

Character design

Quand on commence le visionnage de cette œuvre, le style peut dérouter un peu. Mais à la longue, on s’y adapte et, finalement, on se retrouve à l’apprécier. Concernant la modélisation de Versailles, par exemple, cette dernière est très fidèle à l’original.

Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze
Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze
Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze

Adaptation française

Concernant l’adaptation française, n’attendez pas du français moderne. En effet, l’éditeur a eu la très bonne idée de conserver le langage et les tournures de phrases proches de celles de l’époque.  Ainsi, on constate que cette adaptation est une réussite.

Bonus

A l’époque, l’éditeur Kaze n’avait pas fait les choses à moitié. En effet, les coffrets étaient riches en bonus. Il y avait 3 reportages autour de l’oeuvre et du personnage du Chevalier D’Éon et 3 livrets contenant eux aussi des renseignements sur les événements et personnages historiques évoqués, des résumés des épisodes mais aussi des éléments sur l’animé

Le Chevalier D’Éon © Production I.G. – Kaze

Conclusion

Avec ses zombies, ses scènes sanglantes et violentes, et son côté fantastique, le Chevalier D’Éon s’éloigne définitivement de toute comparaison avec Lady Oscar. Même si les trames globales de ces titres sont assez similaires, elles possèdent chacune une aura propre et ont pris des chemin différents. Et c’est mieux ainsi.

Le Chevalier D’Éon est un excellent titre car il évoque d’un personnage historique peu connu. Nous autres, Français, nous fantasmons sur le Japon d’une façon très stéréotypé mais il faut reconnaître aux Japonais que leur vision de notre Histoire est très particulière et singulière. Ce qui n’est pas un mal en soi. Je pense que peu de personnes connaissent de ce « James Bond national » et qu’après ce visionnage, certains auront la curiosité de se documenter sur ce sujet.

Ah oui, je déconseille fortement cet animé aux férus d’histoire, si vous ne voulez pas mourir d’une crise cardiaque.

Bon visionnage

Source : Ici 

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