Interview avec Tetsuro Araki et Yasuyuki Ebara (Koutetsujou no Kabaneri, Shingeki no Kyoujin)

En novembre dernier, dans le cadre de la 22ème édition du salon Paris Manga & Sci-Fi Show, nous avons eu l’occasion de rencontrer Tetsuro Araki et Yasuyuki Ebara. Ils étaient venus afin de promouvoir leur dernière série, Koutetsujou no Kabaneri, malheureusement indisponible en France. Les droits de diffusion internationaux de la série sont en effet l’exclusivité d’Amazon Prime. Néanmoins, les deux films récapitulatifs sortant les 31 décembre et 7 janvier au Japon devraient être licenciés par @Anime.

Si le nom de Tetsuro Araki ne vous parle pas, vous connaissez forcément les séries qu’il a réalisé. Death Note, Highschool of the Dead, Guilty Crown, Shingeki no Kyojin, que des séries blockbuster ayant eu un succès monstre.

Yasuyuki Ebara quant à lui est un animateur ayant fait ses débuts en 2002. Depuis Highschool of the Dead il travaille aux côtés de Tetsuro Araki en tant que directeur d’animation.

Monsieur Araki, dans une interview avec AnimeAnime vous avez dévoilé vous être inspiré de la White Base de Gundam pour Kabaneri. Vous aviez également déclaré qu’avoir la chance de travailler sur Gundam G Reco était un rêve qui devenait réalité. Pouvez-vous nous en dire plus au sujet de votre rapport avec Yoshiyuki Tomino et Gundam ?

Tetsuro Araki : Je suis un grand fan des œuvres de Tomino depuis que je suis tout petit, en particulier Gundam. J’ai toujours été très fan, mais je n’avais jamais eu l’occasion de travailler avec lui sur une de ses œuvres. J’ai eu cette chance sur Gundam G Reco avec Monsieur Ebara. Nous avons pu apprendre énormément de choses desquelles nous nous sommes inspirés sur Kabaneri. Depuis ma rencontre avec Monsieur Tomino, je pense avoir appris plein de choses et j’apprécie de pouvoir le rencontrer plus fréquemment !

Comment en êtes-vous venu à faire appel à Monsieur Haruhiko Mikimoto (Macross, Megazone 23, Gunbuster) au Character Design de Koutetsujou no Kabaneri ?

Araki-kantoku : Il y a chez WIT Studio beaucoup d’animateurs spécialisés dans l’animation d’action et il était important d’exploiter ce vivier. Nous avons aussi cherché à produire une animation qui pourrait satisfaire le public actuel. C’est alors que nous nous sommes dit : « Et si nous faisions une animation qui a l’air vieillotte sans pour autant être vieille ? » Nous nous sommes donc inspirés de plusieurs oeuvres des années 80 et avons demandé à Monsieur Mikimoto de participer au concept design de la série. Narrativement aussi, nous nous sommes inspirés de vieilles séries, notamment de la White Base de Gundam, car nous voulions raconter une histoire comme on n’en a pas vu depuis longtemps.

Monsieur Ebara, quelles sont les différences entre animer une série telle que Rolling Girls et une série comme Koutetsujou no Kabaneri ?

Yasuyuki Ebara : Dans le cadre de Rolling Girls, c’est un anime qui doit faire très manga donc on peut se permettre de déformer et déstructurer les corps. Ce n’est pas le cas de Kabaneri où il faut que ce soit très réaliste, il fallait donc s’atteler à un travail très réaliste sur l’animation de la série.

Monsieur Ebara, sur le dernier opening de Jojo no kimyou na bouken Daiamondo ha kudakenai, de quelles scènes vous êtes-vous occupé, et avez-vous apprécié travailler dessus ?

Ebara-san : C’est une œuvre que j’apprécie particulièrement, et j’ai pris énormément de plaisir à travailler dessus. Je me suis occupé du dernier cut de l’opening lorsque tous les stands apparaissent.

Monsieur Araki, quelles ont été vos sources d’inspiration, en particulier en ce qui concerne l’ambiance visuelle pour Kabaneri ? On a déjà parlé de Gundam et, dites moi si je me trompe, mais on ressent aussi un côté Overman King Gainer et Le Transperceneige.

Araki-kantoku : C’est tout à fait ça ! *rires* Ce sont des œuvres que j’adore !

Ebara-san : Il n’y a rien à ajouter ! *rires*

Messieurs Araki et Ebara certaines de vos oeuvres ont été de réels blockbusters. Quel regard portez-vous sur vos carrières ?

Araki-kantoku : J’ai 16 ans de carrière derrière moi. Au début je me disais que j’avais bien travaillé. Mais quand je jette un oeil sur mes oeuvres maintenant, je me dis que j’ai encore un long chemin à faire. J’ai encore beaucoup de points à améliorer dans mon travail.

Ebara-san : Jusqu’à ma rencontre avec monsieur Araki j’étais juste animateur clé. Monsieur arak m’a amené à travailler sur des positions plus exigeantes, avec plus de responsabilités, c’était une vraie avancée dans ma carrière. J’ai moi aussi encore du chemin devant moi.

Monsieur Araki, lors du début de la diffusion de Kabaneri vous avez annoncé que Kabaneri était l’occasion d’améliorer et de corriger ce que vous aviez raté sur Guilty Crown. Maintenant que la série est terminée, considérez-vous avoir été à la hauteur de vos propres attentes ? Pensez-vous avoir réussi à captiver le public ?

Araki-kantoku : En effet, j’ai dit cela et je pense y être arrivé pour la simple et bonne raison que je souhaitais faire un personnage charismatique qui soit apprécié de tous et qui pousse à apprécier l’anime. Je pense qu’avec Kabaneri, j’y suis très bien arrivé. Sur Guilty Crown, nous nous étions vraiment focalisés sur l’histoire avec une narration qui se concentrait sur l’histoire et moins sur les personnages. Cette fois-ci, tout en restant autant focalisés sur l’histoire, nous nous sommes évertués pour que les personnages aussi soient en avant.

Nous tenons à remercier Messieurs Tetsuro Araki et Yasuyuki Ebara pour le temps qu’il nous ont accordé, ainsi qu’à toute l’équipe de WIT Studio. Nous remercions aussi toute l’équipe de Paris Manga pour leur accueil et Monsieur Emmanuel Bochew pour son travail impeccable.

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A propos de Dimitri Seraki 8 Articles
Anime Otaku âgé de 21 ans, il a consacré beaucoup de son temps afin de se spécialiser dans l'animation japonaise de 1917 à nos jours. Ses séries préférées sont Neon Genesis Evangelion, Giant Robo the Animation: Chikyuu ga Seishi Suru Hi et Concrete Revolutio.