Ginga Eiyuu Densetsu ou GinEiDen pour les intimes

GinEiDen pour les intimes

Bonjour à vous, lecteurs d’Otaku’s Mafia World’s ! Ici Gabriel Wenli, votre nouveau rédacteur ! J’ai été recruté il y a peu par le site pour vous faire partager mes connaissances et ma passion pour tout ce qui touche de près ou de loin à l’univers de l’animation japonaise, autrement dit des animes, mais aussi des mangas et de la musique nippone. Mais trêve de discussion : si j’écris, aujourd’hui, ce n’est pas pour vous raconter ma vie, mais pour vous parler de la série d’animation japonaise qui m’a le plus marqué et qui a changé ma vie – je l’espère pour le meilleur – : Ginga Eiyuu Densetsu (銀河英雄伝説), plus communément appelée GinEiDen par nos amis japonais, Legend of the galactic heroes chez les anglophones mais aussi Les héros de la galaxie par dans nos vertes contrées françaises.

GinEiDen, qu’est-ce que c’est?

 

Ginga Eiyuu Densetsu

 

GinEiDen est à la base une série de romans écrits par Yoshiki Tanaka (田中 芳樹, Tanaka Yoshiki) , également connu pour avoir écrit Les Chroniques d’Arslan (アルスラーン戦記, Arslan Senki). Les romans ont été publiés entre 1981 et 1987 et comptent quinze tomes, les dix premiers narrant la trame principale et les cinq derniers racontant des histoires annexes.

Un projet d’animation

L’ayant droit Tokuma Shoten avait pour projet d’adapter un des romans de Yoshiki Tanaka. Soit Arslan Senki ou Ginga Eiyuu Densetsu. C’est finalement GinEiDen qui sera choisi.

Ces romans ont ensuite été adaptés en deux films, une série de 110 OAV, un OAV spécial et 2 séries annexées totalisant 52 épisodes. Le premier film, My conquest is the sea of the stars, est licencié en France par Kazé sous le nom Les héros de la galaxie.

L’adaptation des romans en anime a été distribuée de 1988 à 2000, les différents séries et films ont été produits par Kitty Films et animés par les studios Artland, Magic Bus ainsi que Madhouse pour le premier film et la première saison des OAVs. Cela représente plus d’une décennie de travail, et un budget considérablement élevé, Ginga Eiyuu Densetsu est sans doute l’une des œuvres, si ce n’est l’œuvre la plus coûteuse de la japanimation. Le défi étant pour l’équipe de réaliser une adaptation aussi fidèle que possible aux romans de Tanaka.

Un pilier de la Science Fiction, au Japon

De nos jours cette œuvre est considérée comme un monument de la littérature de science-fiction et de la SF en général au Japon, et je vais maintenant m’efforcer de vous expliquer pourquoi.

De quoi ça parle?

L’histoire nous plonge supposément plusieurs millénaires dans le futur, l’humanité a déjà quitté la Terre pour se répandre dans la galaxie depuis des lustres et maîtrise le voyage spatial. Mais tout n’est pas rose, dans notre belle voie lactée, puisque l’humanité est divisée en deux principaux camps, l’Empire Galactique et l’Alliance des planètes libres, qui se livrent une guerre sans merci depuis bientôt cent cinquante ans. Les morts s’accumulent et aucun camp ne semble sortir vainqueur de ce conflit.

 

Yang Wenli
Yang Wenli

 

C’est dans ce contexte que nous suivons nos deux personnages principaux, Yang Wenli et Reinhardt Von Lohengramm, respectivement membres de l’Alliance des planètes libres et de l’Empire Galactique. Leur apparition et leur montée dans les rangs de leurs deux armées vont grandement influencer le cours de la guerre.

 

Reinhardt Von Lohengramm
Reinhardt Von Lohengramm

Pourquoi est-ce si bien?

GinEiDen est une saga qui peut sembler manichéenne au premier abord, mais il n’en est rien. Bien que l’Alliance soit présentée comme le camp de la démocratie et que l’Empire soit une monarchie dictatoriale, aucun des deux camps n’est considéré comme celui des « gentils ». Ils sont tous deux traités de manière égale et l’anime nous offre une réflexion sur les deux systèmes politiques sans pour autant en avancer un comme étant la solution aux problèmes de l’humanité.

On nous avance les deux systèmes en nous présentant leurs avantages ainsi que leurs inconvénients, mais on laisse le spectateur décider seul de la meilleure alternative.

Seulement de la politique?

Outre la politique, l’œuvre a également une portée économique, sociale et philosophique. La diversité des personnages et des milieux d’où ils viennent nous permet d’observer la situation des deux camps à toutes les échelles. Coups d’états, assassinats, mouvements sociaux, crises économiques, rébellions i tutti quanti. GinEiDen jongle entre des sujets allant du génocide au terrorisme en passant par la condition des travailleurs et le commerce de la guerre, de manière totalement naturelle.

Une oeuvre dense

Chose qui est permise par la durée totale de l’anime (110 épisodes, je le rappelle), sa densité et le nombre de personnages. Totalisant plus d’une cinquantaine de personnages originaux, tous étant un minimum travaillés, aucun n’est laissé de côté au cours de la série.

Chaque individu à son rôle à jouer, qu’il soit Empereur, officier militaire, homme politique ou encore simple civil, même si l’œuvre comporte plus de personnages militaires, contexte de guerre oblige.
Ne vous attendez surtout pas à un anime rempli d’actions à cause de la situation initiale du récit. Bien que celui-ci soit entrecoupé de batailles spatiales et de quelques combats rapprochés, c’est avant tout la stratégie qui prime, et l’anime est composé à 80%, voire plus, de dialogues. Cela peut sembler rébarbatif mais tout cela suffisamment bien écrit pour rendre le tout bien plus intéressant que mon article.

Un auteur « anti-fanservice »

Yoshiki Tanaka est un auteur qui sait travailler ses personnages, mais qui n’hésite également pas à les tuer lorsqu’il l’estime nécessaire. Certaines morts font d’ailleurs pour moi partie des morts les plus marquantes de l’animation, voire des morts les plus marquantes toutes œuvres de fiction confondues. Certains iront même jusqu’à faire le rapprochement entre Ginga Eiyuu Densetsu et Game of Thrones.
Vous l’aurez compris, GinEiDen est un anime aux multiples facettes, difficile à résumer dans un simple article de quelques paragraphes.

Est-ce que ça bouge bien?

Sur le plan technique, pas grand chose à redire, et c’est là le principal souci de l’œuvre. L’animation et les dessins sont propres, mais très peu de scènes brillent par leur qualité d’animation. Mais c’est bien là le seul défaut de GinEiDen, et Dieu sait qu’il est moindre, par rapport à ses nombreuses qualités.

Où est-ce qu’on peut trouver ça?

 

Couverture anglaise du tome 1 de GinEiDen
Couverture anglaise du tome 1

 

L’autre souci de Ginga Eiyuu Densetsu, qui n’en est pas vraiment un, est le fait que la saga a beaucoup de mal à trouver son public en Occident, ce qui la rend difficile à regarder de manière légale. Mis à part le film qui est sorti il y a, maintenant, plusieurs années chez nous sans grand succès, l’œuvre a beaucoup de mal à s’exporter.
Fort heureusement, l’éditeur Viz Media a commencé à distribuer les romans chez nos amis anglophones en début d’année, et l’entreprise nord américaine Sentai Filmworks a annoncé avoir licenciée la principale série d’OAV en vue d’une distribution aux Etats-Unis.
La série dispose également d’un nouveau souffle en Occident, grâce à Internet et à une nouvelle génération de fans s’intéressant à l’animation japonaise.

Un manga est en cours de parution, depuis l’année dernière, et une nouvelle série d’animation est prévue pour 2017, par le studio Production IG.

N’hésitez donc surtout pas à faire connaître GinEiDen tout autour de vous, ou même à soutenir l’œuvre en dans nos contrées en achetant les romans en anglais pour les bilingues, ou en manifestant votre engouement auprès des éditeurs.

Qui sait, avec un peu de patience et d’acharnement, nous aurons peut être nous aussi un coffret contenant la série, avec, en plus, de jolis sous-titres en français…!

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