Les critiques de MrZ – Hirune Hime

hirune hime

hirune

 

Récemment, nous avons eu l’annonce d’une nouvelle série Ghost in the Shell par le trop longtemps absent Kenji Kamiyama (Ghost in the Shell Stand Alone Complex, Seirei no Moribito, Higashi no Eden), déjà sous-entendue lors du centième anniversaire de l’animation japonaise, à la Japan Expo 2017. Il y a eu aussi la préparation pour l’année prochaine d’une série sur le manga Ultraman exclusivement en CGI, sonnant ainsi le retour d’un réalisateur phare des années 2000 sur le terrain des séries d’animation japonaise, lui qui préférait le cinéma d’animation ces dernières années avec ses deux derniers films 009 Re:Cyborg et plus récemment Hirune Hime, qui parait être son œuvre la plus familiale et accessible.

 

Kamiyama Kenji, connu et reconnu pour être un créateur de scénarios assez complexes est-il donc capable de mettre au monde une œuvre familiale et accessible ? Est-il capable de produire un film abouti malgré ses précédents échecs, à la narration trop brouillonne, au scénario trop condensé ou trop dilué ?

Dans les faits, dans son approche, Hirune Hime ressemble beaucoup aux œuvres de Mamoru Hosoda (Mirai no Mirai, Bakemono no Ko, Okami kodomo no Ame to Yuki) de part la cassure apportée par un élément fantastique dans le quotidien d’adolescents qui s’entremêle avec l’extrême importance de la famille pour les protagonistes, mais la comparaison s’arrête à peu près là.

 

kokoro

 

En effet, malgré ses allures de film familial surfant sur la vague Hosoda, Hirune Hime s’avère être un film beaucoup plus complexe dans sa narration et dans ses thématiques, au point où l’on est en droit de se demander si le format cinématographique n’est en réalité pas trop maigre pour un scénario pareil, qui irait sans doute mieux à un format sérialisé.

Entre deux narrations parallèles qui se répondent, l’énorme quantité de thématiques et le thriller et le fantastique qui se croisent sans jamais s’entremêler, le film, malgré un capital sympathie évident, ne parvient pas à raconter son histoire de manière convaincante malgré l’originalité de certains de ses thèmes (l’innovation technique, entre autre) ou leur approche.

Le capital sympathie du film se remarque surtout via l’immense amour que porte le réalisateur à son héroïne, dû au fait que l’entièreté du film est aussi un message d’amour à sa fille, transparaissant ainsi par son personnage, Kokoro.

Forte, courageuse, mais extrêmement rêveuse, l’héroïne se lie avec le thème principal du film, représentant l’innocence et l’enfance perdue et trop souvent oubliée par les bureaucrates d’aujourd’hui, se reposant sur leurs lauriers et ne cherchant plus aucune innovation, laissant de côté la créativité, qu’elle vienne d’eux-mêmes ou d’autrui.

Le film, de part son héroïne, cherche tout de même à montrer et prouver que peu importe le domaine, l’innovation, la créativité, et le changement sont toujours possibles à condition de garder son âme d’enfant. L’oublier, c’est végéter dans son immobilisme et ainsi empêcher toute évolution, toute amélioration, tout changement dans les créations humaines, et chez l’humain de manière générale.

 

nekoko

 

Au niveau technique, en plus d’avoir l’excellent niveau habituel des productions de Kamiyama, ici le réalisateur est allé s’enquérir d’un français au storyboard, Christophe Ferreira, animateur sur Persepolis, les Lascars, Oban Star Racers et diverses publicités.

Le français nous livre alors un storyboard excessivement efficace, d’un niveau semblable à ceux des séries de Kamiyama. Il est couplé à une direction artistique, un chara-design flat rappelant justement très fortement les productions de Mamoru Hosoda, et une très agréable BO signée Yoko Shimomura qui commence petit à petit les compositions d’animes, elle qui trône habituellement dans le domaine du jeu vidéo. (Elle est notamment connue pour avoir composé la BO des sagas Parasite Eve, Mario & Luigi et Kingdom Hearts.)

Au final, malgré l’efficacité thématique du film, de ses qualités techniques et de l’attachement naturel que l’on éprouve pour sa protagoniste principale, Hirune Hime est un film qui ne réussit pas là où tout film familial devrait réussir : son accessibilité.

Beaucoup trop complexe et brouillon pour son propre bien, le film ne réussit son pari qu’en surface et laisse un goût peu convaincant lors du générique de fin à cause du trop grand nombres de pourtant bonnes idées dans un format beaucoup trop réduit, laissant alors sous-entendre que Kenji Kamiyama, malgré tout son talent, n’est pas quelqu’un adapté au cinéma mais plutôt au format sériel, qui lui réussit beaucoup plus.

Malgré tout, laissez-vous tout de même tenter par Hirune Hime. Fondamentalement pas mauvais, le film réussira à divertir de manière agréable bon nombre d’entre vous et laissera rêveur du succès que cela aurait pu être s’il n’était pas bloqué dans son format cinématographique.

 

 

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