Les critiques de MrZ – Digimon Story : Cyber Sleuth

Peu importe les âges ou encore les générations, il y a toujours eu une longue bataille menée en secret entre deux groupes de personnes à travers le monde… Un combat entre deux licences qui s’écharpent sans cesse via leurs fans ; deux firmes qui étendent leurs batailles à travers deux médias différents : l’animation japonaise et le jeu vidéo.

Ces deux licences, vous l’aurez peut-être compris, sont Pokémon et Digimon.

Alors que le succès et la qualité de Pokémon sont absolument incontestables et incontestés dans le domaine vidéoludique, la série animée possède de nombreux détracteurs. Dans le cas de Digimon, la tendance est presque inverse : alors que les différentes saisons sont souvent reconnues comme étant d’un certain intérêt et d’une qualité supérieure aux séries Pokémon, les jeux vidéos Digimons tombent souvent dans l’abysse de l’indifférence générale.

Mais intéressons-nous aux jeux Digimon, et plus accessoirement à l’avant-dernier né, Digimon Story : Cyber Sleuth.

 

Il faut savoir, en premier lieu, que les jeux Digimon sont grossièrement séparés en deux catégories : d’un côté les Digimon World, jeux absurdement addictifs dont le principe est repris du fameux Tamagochi, où l’on doit nourrir, élever et entraîner son Digimon pour le rendre plus fort. Celui-ci étant ici un rendu beaucoup plus animal qu’à l’accoutumée. L’autre portion de jeux Digimon étant les Digimon Story, des jeux qui sont axés sur le scénario, et qui ressemblent beaucoup plus à des RPGs comme Final Fantasy dans le gameplay (bien qu’ils vont aussi puiser leur source dans Digimon World 3).

Cyber Sleuth est un Digimon Story. Mais est-ce que cela en fait un bon jeu ?

Il faut savoir que Digimon Cyber Sleuth, comme son nom l’indique, se trouve dans la lignée de Digimon Tamers ou de Digimon Universe (qui sortira plus tard), c’est-à-dire qu’il est constitué d’histoires issues de la science-fiction, lorgnant régulièrement du côté du cyberpunk avec une dose minime voire même complètement absente de fantasy. Le jeu a d’ailleurs l’avantage de nous fournir une vision d’un internet très inspirée de Summer Wars du réalisateur Mamoru Hosoda, elle-même inspirée de son précédent travail : Digimon Adventure : Bokura no War Game.

 

On y retrouve un monde où les gens sont extrêmement connectés à internet, où l’on retrouve de très nombreuses possibilités (jeux, gestion d’entreprise, forums, rencontres) via un avatar virtuel, donnant ainsi l’impression même d’une seconde vie au sein de ce nouveau système. Le jeu pousse le vice, à travers de nombreuses histoires, en nous présentant des personnages dont les préoccupations, qu’elles soient professionnelles ou amoureuses, impliquent presque systématiquement EDEN, l’internet de Cyber Sleuth.

Durant ces petites histoires, les digimons sont traités sans distinction comme des êtres humains et sont au centre de bon nombre d’entre elles. Le jeu fait totalement honneur à ce qui est amplement sous-entendu dans Tamers, propulsant les Digimons exactement au même plan que les humains. Cependant, l’intérêt s’arrête là.

Le problème majeur de Digimon Story : Cyber Sleuth, c’est son scénario, son écriture. En plus de proposer un principe qui se marie finalement plutôt mal avec les enjeux proposés, le jeu nous offre une énième réédition de mauvaise qualité de Digimon Tamers, comme l’a fait précédemment Digimon Savers. Les deux partagent une excellente mythologie (particulièrement mal utilisée) et une galerie de personnages régulièrement exaspérante, et ce ne sont pas les rares scènes classieuses qui ajouteront un semblant d’intérêt à cette galerie de personnages, à l’écriture souvent bateau et particulièrement maladroite, que ce soit au niveau de leur personnalité générale ou de leur background.

 

Si le jeu pêche énormément au niveau de son écriture générale et de son scénario, il réussit haut la main la partie gameplay.

Digimon Cyber Sleuth, c’est un long jeu complet où il est très rare de se retrouver sans quoi que ce soit à faire, où l’on peut faire évoluer ses digimons, comme un pokémon, allant même jusqu’à partager le côté terriblement addictif et le principe de pension (ici appelé « Ferme »). La seule différence est l’évolution des Digimons, très stricte au niveau des différentes statistiques ; ou encore de réaliser de nombreuses quêtes annexes construites comme de petites enquêtes.

À l’instar d’un Pokémon ou d’un Final Fantasy, Digimon Cyber Sleuth est un RPG. Les affrontements se font au tour par tour, de manière totalement classique. Là où le jeu tend à s’écarter des lignes classiques et prend la forme d’un Shin Megami Tensei simplifié, c’est au niveau de la gestion élémentaire, des types et des différents buffs. En effet, rapidement dans le jeu, on remarquera qu’attaquer un Digimon étant du type faible, de l’élément opposé ou même des deux, peut multiplier les dégâts par trois alors qu’attaquer un Digimon d’un type fort comparé à soi diminue grandement les dégâts. En plus d’avoir la nécessité d’organiser une équipe équilibrée, il sera vital de savoir organiser les différents buffs pour pouvoir faire la différence lors des affrontements difficiles mais jamais insurmontables… Le jeu reste accessible à tous, contrairement à un Shin Megami Tensei.

 

Après un gameplay riche et simple, mais terriblement addictif, et une écriture maladroite naviguant fréquemment entre le décevant et le ridicule, Cyber Sleuth a un troisième élément se situant entre ces deux extrêmes : sa réalisation.

Malgré un chara-design hyper réussi par Suzuhito Yasuda (connu pour son travail sur Shin Megami Tensei : Devil Survivor, Durarara !!, Yozakura Quartet ou Danmachi.) le bât blesse à cause d’une direction artistique et d’une mise en scène aussi peu inspirées l’une que l’autre. Bien que la dernière a de temps à autre quelques moments d’éclat, mettant en valeur deux personnages dans des cinématiques particulièrement réussies, les musiques (aux consonances régulièrement techno) sont au mieux oubliables et au pire énervantes, et ce malgré quatre morceaux sortant du lot.

Au final, est-ce que Digimon Story : Cyber Sleuth vaut le coup ? Tient-il la comparaison face au monstre sacré qu’est Pokémon malgré sa ressemblance avec ce dernier ou doit-il se faire minuscule et éviter de faire trop de bruit ?

Et bien malgré ses nombreuses imperfections, comptant un scénario et des personnages mal écrits et une réalisation moyenne, le jeu s’en tire très aisément et gagne toute la sympathie de son joueur grâce à son gameplay riche, réussi, accessible et surtout addictif au plus au point, lui permettant de ne pas rougir face à ses concurrents directs.

Intéressez-vous donc à Cyber Sleuth, passez du temps et amusez-vous dessus, particulièrement si vous êtes un fan de la licence, la séquelle nommée Digimon Cyber Sleuth : Hacker’s Memory arrivant d’ailleurs bientôt dans notre contrée !

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